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ltc taplett
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La guerre de 7 ans:La bataille de Fort Carillon-Ticonderoga

Tue Sep 05, 2006 6:48 pm

LA BATAILLE DE FORT CARILLON (TICONDEROGA)

1- Fort Carillon


Préoccupés par le fait que le vénérable Fort St Frédéric à Crown Point était incapable de résister à la menace croissante des Anglais au sud les Français, sous l’impulsion de Michel Eustache Gaspard Marquis de Lotbinière (1723-1799), entreprirent la construction d’un plus grand fort à l’endroit où le Lac George (anciennement Lac St Sacrement) rejoint le Lac Champlain par la rivière appelée La Chute. Les travaux de construction débutent en octobre 1755.

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Fort Ticonderoga

L’endroit a été choisi car il permettait le contrôle de la pointe sud du lac Champlain autant que l’accès à la vallée de l’Hudson. Handicapée par la corruption la construction se poursuit péniblement. A la mi-juillet 1756, 4 bastions hérissés de canons d’une hauteur d’au moins 5,5m ont été érigés.
A l’automne le fort n’est toujours pas terminé quand une surprenante découverte est faite. A mesure que les arbres de la péninsule sont coupés les Français réalisent que l’endroit choisi ne verrouille pas convenablement la jonction entre les 2 étendues d’eau. Le fort n’est pas construit au bon endroit ! Pour corriger cette erreur inimaginable un 2e fort plus petit est construit, plus près du lac, connu sous le nom de « Redoute des Grenadiers ».
En janvier 1757 le fort n’est toujours pas terminé et n’est qu’une structure incomplète faite de terre et de rondins armée malgré tout de 36 canons qui attendent l’attaque les Français savent proche.

Mais les Français ne veulent pas se contenter d’attendre passivement les Anglais et décident de passer à l’attaque. En avril, huit mille hommes, sous les ordres du Marquis de Montcalm, se regroupent à Fort Carillon et Crown Point. De là ils traversent le lac George pour prendre le Fort William-Henry. L’opération est un succès et Montcalm ramène ses hommes à Fort Carillon pour l’été.

2- La riposte anglaise

Stupéfaits par la perte de leur avant-poste le plus au nord les Britanniques décident de répliquer par une attaque massive contre les Français. Entre 15 et 16000 mille hommes (soit la plus grande troupe jamais déployée sur le continent) sont réunis sous les ordres du général James Abercrombie, commandant en chef des forces britanniques en Amérique du Nord. Le véritable officier commandant sur le terrain était cependant le brigadier-général Lord Howe. Howe avait compris la véritable nature de la guerre sur le sol américain et oeuvra intensément à l’adaptation de ses troupes au combat dans ce milieu.

Fort Carillon se trouvait positionné à l’endroit où la rivière entrait dans le lac Champlain. Les régiments français étaient positionnés à différents le long de la rivière. Le régiment du Berry était dans le fort même, le gros des troupes au moulin situé un peu plus au sud et une avant-garde à la pointe sud du port qui contournait les rapides de la rivière. Incertain de la meilleure position où affronter les Anglais, Montcalm ordonna au régiment du Berry de construire des abattis fortifiés en face du fort.

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Plan de la bataille

Le 5 juillet les troupes britanniques embarquèrent et se dirigèrent vers le lac George, les Rangers et le 80th foot en tête.

Ordre de bataille britannique (simplifié)
Armée régulière
27th Foot (Lord Blakeney, ou The Inniskilling Regiment)
42nd Foot (Lord John Murray, ou The Highland Regiment)
44th Foot (General Abercrombie)
46th Foot (Lt. General Thomas Murray)
55th Foot (Lord Howe)
60th Foot (1st and 4th Battalions, Royal American Regiment)
80th Foot (Gage Light Arm’d Infantry)
4th and 17th companies Royal Artillery
His Majesty’s Independent Companies of Rangers (Major Robert Rogers)

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Soldats du 27th et du 55thfoot

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Rangers

Armée provinciale
Colonel Jonathan Bagley’s Massachusetts Regiment
Colonel Thomas Doty’s Massachusetts Regiment
Colonel Ebenezer Nichols’ Massachusetts Regiment
Colonel Jedidiah Preble’s Massachusetts Regiment
Colonel Oliver Partridge’s Massachusetts Battalion of Light Infantry ou Rangers
Colonel Timothy Ruggles’ Massachusetts Regiment
Colonel William Williams’ Massachusetts Regiment
Colonel John Bradstreet’s Battoemen
Sir William Johnson’s Mohawk Indians
Colonel Oliver Delancy’s New York Regiment
Colonel John Hart’s New Hampshire Regiment
Colonel Henry Babcock’s Rhode Island Regiment
Colonel John Johnson’s New Jersey Regiment
Colonel Phineas Lyman’s 1st Connecticut Regiment
Colonel Nathaniel Whiting’s 2nd Connecticut Regiment
Colonel Eleazer Fitch’s 3rd Connecticut Regiment
Colonel David Wooster’s 4th Connecticut Regiment

En face environ 3600 hommes seulement tenaient Fort Carillon.

Ordre de bataille français (simplifié)
Régiment de La Reine
Régiment de Guyenne
Régiment Royal Roussillon
Régiment du Béarn
Régiment du Languedoc
Régiment du Berry
Régiment de La Sarre
Compagnies Franches de La Marine
Miliciens Canadiens
Indiens

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Officier des Cies Franches de la Marine et Tambour du Royal Roussillon


6 juillet

Les troupes anglaises débarquent sur la pointe nord du lac George après 2 jours passés sur l’eau depuis les restes de Fort William-Henry. Abercrombie mit ses hommes en colonnes réglementaires et les fit mettre en marche jusqu’à un avant-poste facilement pris par les Roger’s Rangers (milice coloniale formée durant l’hiver 1755 et utilisant la guérilla comme méthode de combat) un peu plus tôt dans la journée.

7 juillet

Abercrombie remit ses hommes en marche en direction du fort, en 4 colonnes. La route n’étant pas assez large pour tolérer le passage d’une armée, les troupes se trouvèrent très vite étirées sur une grande distance. Les Robert’s Rangers étaient de nouveau en éclaireurs. Bien que capables de prévenir d’une attaque frontale, ils n’étaient pas à même de guider une armée à ce point éclatée sur le terrain. Plus tard Abercrombie et Roger (Robert, 1731-1795) se rejetteront mutuellement la faute de cet échec.

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Les Rangers en action

Lord Howe reçut l’ordre de protéger le flanc des troupes durant la marche. A la tête du 55th Foot ; accompagné d’une unité des milices du Connecticut et guidé par Israel Putnam (qui s’illustrera plus tard durant la guerre d’indépendance lors de la bataille de Bunker Hill) il rencontra une unité française. Les Britanniques remportèrent assez facilement une victoire écrasante, faisant 148 prisonniers et causant environ 300 victimes aux Français pour peu de pertes de leur côté. Une d’entre elle cependant était Lord Howe lui même, tué d’une seule balle lors de la retraite de l’ennemi et qui mourut dans les bras de Putnam. Abercrombie venait de perdre son meilleur officier.
Les conjectures continuent sur le fait que la mort d’Howe allait mener au désastre à venir dans la mesure où il avait fortement incité Abercrombie à faire monter son artillerie sur le champ de bataille, ce que ce dernier ne fera en définitive pas.

Dans la soirée Abercrombie fit revenir les hommes sur leur lieu de débarquement, préoccupé par la fatigue de ses troupes et par le temps. Dans la nuit on lui fit savoir qu’un renfort de 3000 hommes sous les ordres du général Levi étaient en route et allait bientôt arriver.

8 juillet

Abercrombie était bien décider à pousser son avantage avant qu’il ne perde l’avantage de la supériorité numérique. Les Britanniques faisaient cependant face à une position fortement défendue. Pendant que le fort était toujours en construction, les Français avaient creusé de hautes tranchées supportées et flanquées de 3 batteries de canons. Elles étaient défendues par une ligne d’abattis pointés vers l’extérieur et entremêlés de branchages et d’épines ces derniers étant installés durant la nuit sur ordre de Montcalm. Une partie des forces françaises présente s’était dispersée dans les bois adjacents.
Le terrain ne donnait comme angle d’attaque qu’une seule ouverture, le fort étant entouré de 3 côté par l’eau et sur la moitié du dernier par un bourbier. Abercrombie aurait pu contourner les tranchées françaises et installer son artillerie sur les collines avoisinantes mais il veut une victoire rapide et éclatante et cette manœuvre aurait pris trop de temps. Informé par le Génie (lieutenant Clarke) que les abattis français peuvent être pris d’assaut, il opta pour une attaque massive et frontale.

A 9h00, Les Rangers partirent en pointe jusqu’aux tranchées avant de céder la place à l’armée régulière. Sans ordre direct c’est le 42nd foot qui attaqua, suivi par le reste des troupes. Chaque régiment ne voulant pas démériter et participer au succès de l’assaut, les troupes en arrière se précipitèrent et toute cohésion fut bien vite perdue.

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Cies Franches en action

Mais les défenses françaises s’avérèrent bien pensées A l’abri derrière leur retranchement et craignant peu les tirs d’un ennemi concentré sur une ligne d’attaque, les Français étaient tout à leur aise pour décimer les rangs anglais sous des salves meurtrières. (les Français étaient rangés sur 3 lignes : les 2 premières tiraient pendant que la 3e rechargeait les fusils, permettant ainsi de maintenir une forte cadence de tir)

Aucune échelle n’avait été prévue (!) Les hommes devaient monter sur les épaules les uns des autres pour espérer franchir les abattis. Evidemment, pour les Français préparés il était facile de repousser chaque homme à mesure qu’il atteignait le sommet des défenses. A un moment seulement les Britanniques purent franchir le barrage français, pour en être repoussés après une charge à la baïonnette. C’est le 42nd foot et le capitaine John Campbell qui menèrent cette tentative.

Les Britanniques tentèrent de prendre le fort à revers par un assaut naval mais furent à chaque fois repoussés par l’artillerie française.

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Artillerie des Cies franches de la Marine

Les attaques se renouvelèrent toute la journée, sans succès. Vers 18h00 la débâcle est complète. Abercrombie fait enfin sonner la retraite.

Les troupes provinciales avaient enregistré 350 morts et blessés. Les troupes régulières plus de 1600.
Les Français n’avaient perdu que 350* hommes.

3- Le 42nd foot (The Higlanders / The Black Watch)

Les premières compagnies de ce qui deviendra le Royal Highland Regiment sont levées en 1725 pour surveiller les rebelles écossais des Highlands. En 1739-40 le régiment est formé et est rapidement surnommé « Black Watch » du fait de la couleur de son tartan. Tout d’abord numéroté 43rd il devient le 42nd foot en 1749. Le régiment s’illustra particulièrement lors de la bataille de Fort Carillon. « Premier à l’attaque et dernier à la retraite », le régiment subit de très fortes pertes, à la hauteur de son engagement. Suite à son action, demande fut faite pour l’ajout d’un second bataillon et un ordre fut émis pour que le régiment devienne « royal », « en reconnaissance de la satisfaction de sa Majesté pour l’extraordinaire courage, la loyauté et la conduite exemplaire dont fit preuve le régiment des Highlands ».

Le second bataillon nouvellement créé ayant été mis en service en Inde et l’ancien régiment ayant tellement subi de pertes, il ne fut pas de nouveau employé pour l’année 1758.

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Soldat de la Black Watch

Officiers tués (plus 9 sergents, et 297 soldats):
Major: Duncan Campbell of Inveraw
Capitaine: John Campbell.
Lieutenants: George Farquharson; Hugh McPherson; William Baillie, John Sutherland.
Enseignes: Patrick Stewart; George Rattray.

Officiers blessés (plus 10 sergents et 306 soldats):
Capitaines: Gordon Graham of Drianie; Thomas Graham of Duchray, John Campbell of Strachur; James Stewart of Urrard et James Murray of Strowen, fils de Lord George Murray
Lieutenants: James Grant; Robert Gray; John Campbell; William Grant; John Graham, (frère de Thomas); Alexander Campbell; Alexander Mackintosh; Archibald Campbell; David Miller et Patrick Balneaves
Enseignes: John Smith, Peter Grant


4- Conséquences

Abercrombie était arrivé à son poste grâce à son influence politique et non pas par ses qualités militaires. Lorsque le véritable « chef » des troupes de Sa Majesté est tué le 7 juillet l’incompétence d’Abercrombie fut révélée au grand jour. Son erreur principale fut bien sûr de ne pas faire mettre en batterie son artillerie, artillerie qui aurait sans aucun doute causé de lourdes pertes aux Français assiégés. Pressé d’obtenir un victoire, il ne sut pas analyser le terrain et surestima l’influence du nombre dans ces conditions d’engagement.

Cette défaite paniqua Abercrombie qui retraita au sud du lac George. Heureusement certains de ses subordonnés se révélèrent d’un tempérament mieux trempé. Le colonel John Bradstreet s’emparer du Fort Frontenac quelques semaines plus tard. En novembre le général Forbes allait quant à lui prendre le fort Duquesne.

Quoi qu’il en soit, Abercrombie sera relevé de son commandement la même année et sera remplacé par Jeffrey Amherst. Abercrombie regagnera l’Angleterre en 1759.

*Une autre source parle de 527 pertes

Sources :
Auteur inconnu : Battle of Carillon @ http://www.answers.com/topic/battle-of-carillon
Auteur inconnu : The campaign of 1758 at Fort Carillon @ http://www.fort-ticonderoga.org/history/bibliographies/1758campaign.htm
Auteur inconnu : The battle of Ticonderoga 1758 @ http://www.britishbattles.com/battle_of_Ticonderoga.htm
Auteur inconnu : Forts Carillon and Ticonderoga @ http://www.historiclakes.org/Ticonderoga/Ticonderoga.html

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Bientôt en re-lecture dans le fichier BIO-BOA version 2.0 (HTML)

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